Ils sondent, ils sondent…

De Robien a sondé (malgrès lui) la blogobulle. Il devra revoir sa décision concernant l’éviction de Michel Collet, dit Garfieldd, le proviseur de Mende, en Lozère, que lui et ses services avaient hâtivement exclu pour de prétendus "propos portant atteinte à la dignité des fonctions qu’il exserce" (communiqué du ministère de vendredi soir). La Blogotruc s’est vite enflammée. C’est que certains connaissaient Garfieldd pour le lire régulièrement. Et que d’autres ont la panurgie aisée. Sans élément pour juger, je ne m’étais pas prononcé (si son blog reste partiellement accessible, certaines photos n’y sont plus visibles). Gilles a sondé. La vox-populi l’a emporté.

Sonder

Le Chi sonde ses alliés. En ré-explicitant et racadrant la position de la France en matière de dissuasion nucléaire, il redéploie ses cartes, ravie ses voisins britanniques et alliés ricains et agace Berlin. Ce choix stratégique discuttable revient une petite fortune : 10% du budget de l’armée, de grosses miettes en quelques sortes. C’est que cette position réaffirmée irrite, en Iran notamment – et le calendrier chiraquien n’est en rien innocent* – Et pas seulement là-bas. Allez expliquer à votre ennemi présumé (et partenaire commercial) que vous avez le choix des armes et pas lui et que, de toute façon, vous n’en ferez pas usage – mais que vous pourriez…

[article également diffusé sur Bellaciao]

… Chirac y joue presque rien et la France un gros bout de son avenir. Quand un sage échoue a convaincre par ses gesticulations, l’arbitrage redevient fonction directe de la force (dite aussi capacité de nuisance, voir de destruction). Mais qui a dit que les français et le Chi en tête était plus sages que leurs alter-ego ? La France aime le nucléaire et ses dirigeants en sont fiers. Derrière le militaire se cache – à peine – le nucléaire civil. Et là est le réel enjeu de la Nation. Celui de son indépendance énergétique et de ses choix de société pour les cinquante années à venir. Pécadilles ?

C’est qu’en face "ça" sonde aussi. Téhéran (et son ami syrien au mains bigarées du sang de démocrates libanais) joue avec les nerfs des occidentaux et s’amuse de l’agacement croissant d’ElBaradei (Directeur de l’AIEA). Tentant et parvenant à influer sur le cours du pétrole, le quatrième producteur mondial (dont la France est l’un des principaux clients) n’a pas fini de faire grincer des dents. Celui qui veut "rayer Israël de la carte" (la criminel président iranien Mahmoud Ahmadinejad) a repris ses activités d’enrichissement dans son usine-jouet de Natanz. L’Iran aura sa bombe. Ou je connais des G.I. qui vont faire du tourisme à quelques pas de leur actuel campement irakien. Entre des djihadistes prétendus sur le retour (la polémique enfle sur l’origine de la diffusion sonore de Ben Laden et sa possible manipulation ou création par les Etats-Unis… Ah! complotistes, vous êtes si tendance !), des états voyous et autres assasins aux ressources fossiles et pipelines convoités – et j’en passe – l’ONU aura bien du pain sur la planche cette année encore. Une fin de mandat pour un W qui joue au yoyo dans les sondages à l’heure du départ du Gourou US de la finance mondiale, Alan Greenspan, qui quittera ses fonctions de Président de la Fed en fin de mois. Cols blancs et dents longues serrent les fesses. Serront-nous les coudes !

C’est que vous pourrez sonder et resonder les populations (américaines, dont la surconsommation soutenue par un endettement accru, porte l’économie mondiale, ou françaises, qui se demande si l’impopularité peut raccourcir les mandats ou la popularité guider enfin les décisions de désignation de candidats – Bernard K., si tu nous entends 😉 tous sont inquiets. A tord ou a raison, l’idée de la plus grande interdépendance liée à la mondialisation (encore illustrée par la récente affaire du gaz russe, la rampante avancée du H5N1, ou l’irresistible pénération de nos marchés par les OGM, entre autres exemples), l’imminence de l’éclatements des risques locaux (après guerre froide caractérisée par la toute puissance et légitime (?) arrogance américaine, fous de dieux en recrudessance, querelles de territoires en Afrique, en Asie comme au Proche Orient) ou la conscience grandissante des limites de nos modèles (marché tout puissant allimenté par une croissance déifiée, elle même portée par des bulles mistifiées, système intenable dans un monde limité notamment en ressources, mais aussi inéquités croissantes Nord-Sud, démographie et flux migratoires sources d’une urbanisation non controlée qui concentre et concentrera misère et tensions, etc), tous ces éléments sont autant de raisons légitimes de ne pas être serein. Alors, vous pourrez sonder, et resonder encore. L’arbre de ces enquêtes ne masquera pas la forêt du raz-le bol si largement exprimé par le Pronétariat et si timidement relayé par des médias sous influence, déjà nourris à la poudre, à la peur et à la cyclotimique précaution salvatrice.

Pendant ce temps, chez nous, des maires brûlent des camps de roumains dans l’indifférence, des milliers d’hommes et de femmes survivent sur un trottoire de la honte sous nos yeux détournés, et la télé-réalité et son temps de cerveau disponible labouré cède un instant le champs médiatique à la polémique et insoutenable diffusion des témoignages des innocents d’Outreau. La démocratie aime les contrastes. Que l’égoisme et l’orgueil effacent. Sondez, vous verrez…

[* = lire également, la France en première ligne face à l’Iran, via Emmanuel de PAF 2.0]

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3 réponses à “Ils sondent, ils sondent…

  1. mercie.L’Europe doit restée ferme face à l’Iran et soutenir son opposition pour sortir de la crise.Entre la perspective de voir Téhéran se doter de l’arme atomique et celle d’une nouvelle guerre, il existe une troisième voie, celle de l’alternance politique. Il faut imposer un boycott général à ce régime pour éviter la catastrophe que représente les mollahs avec la bombe atomique.Alejo Vidal Quadras, Premier Vice-président du Parlement européen : Ce qu’il faut faire c’est établir une position très forte des Nations Unies et aussi, c’est très important, de permettre à la résistance démocratique, l’opposition démocratique au régime des mollahs, de travailler de façon efficace.

  2. commentaire relayé en Une 😉

  3. Le problème de l’Iran? Quel problème?
    Aujourd’hui nos gouvernements réagissent de manière démesurée au discours relativement clair du président Iranien, qui explique à qui veut l’entendre que personne ne pourra l’attaquer, ou attaquer ses intérêts, sans qu’il ne s’expose à une réponse militaire ferme.
    C’est marrant!
    Pourquoi? Beaucoup de choses m’amusent dans cette histoire…
    D’abord, je tiens à rappeler que le président iranien nous démontre, depuis son arrivée au pouvoir, sa volonté à entretenir le débat politique sur la scène internationnale dans le but de promouvoir et développer sans pays. Voilà déjà un bon point.
    Ensuite, je demande à toute personne ne l’ayant pas relever de réécouter le discours de ce président tout en ayant à l’esprit les discours et tournures types que Bush emploie dans les siens…
    Vous verrez, il s’agit en réalité d’un discours tout à fait « Bushien », qui utilise la religion et l’économie pour valoriser le contenu de celui-ci.
    Je ne parle même pas du discours assez récent de notre cher président à nous, qui nous ‘vend’ la nouvelle décision de l’état de construire des missiles nucléaire plus performant et précis afin de faire péter à petite envergure mais de manière efficace tous ceux qui voudraient de près ou de loin nous (l’état) faire chier dans un quelconque domaine ayant de l’intérêt pour nous…
    Il disait quoi déjà l’iranien déjà???
    Question : c’est qui le méchant de service dans tout ce bordel?
    Moi je dis çà…
    Bon revenons en au sujet : l’iran et le nucléaire (c’est bien çà le problème non?).
    Evidemment, quoi que l’iran puisse dire, je me doute bien que le nucléaire c’est pas seulement pour faire de l’énergie civile uniquement, mais bien pour faire du civil ET du militaire.
    Et alors? qui sommes nous pour refuser à notre voisin de s’équiper de la même manière que nous?
    De plus, si ils veulent vraiment développer le nucléaire, pourquoi ne pas leur vendre une petite centrale bien de chez nous comme on sait les faire?
    J’en viens à l’idée de boycott.
    C’est pour moins une mauvaise idée, car elle nous a déjà démontré que les seuls à trinquer dans le cas d’un boycott, ce sont les pauvres gens qui ont le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment : c’est le peuple qui subit alors que les responsables de la crise ne sont en rien inquiétés. Donc j’en dis pas plus, c’est une mauvaise idée.
    Concernant l’ONU, je fait partie de ces doux rêveurs utopistes qui pensent que lorsque n’importe quel quidam se retrouve assis autour d’une table pour débattre au nom de l’ONU, il oublie de quel pays il vient et pense avec philosophie en ce demandant si telle ou telle décision qu’il s’apprête à prendre peut être applicable à l’autre bout du monde dans un contexte politique différent.
    Utopique, je sais!
    Mais qui est responsable aujourd’hui de l’envie de Téhéran de se munir de l’arme atomique? C’est nous les grands pays qui avons, malgré les recommandations que nous faisons aux autres pays, gardé cette arme qui en plus de nous servir à rien nous coûte de l’argent…
    Arrêtons de nous voilez la face, le monde musulman existe, et a autant le droit que le notre (c’est quoi le notre d’ailleurs?) d’exister.
    Le problème en réalité, ce n’est pas qu’ils aient envie de faire comme nous puisque nous laissons d’autres le faire, mais que ce sont des musulmans qui veulent faire comme nous…
    Aider l’opposition démocratique à lutter contre les mollahs est peut être une bonne idée, pourtant il faudrait plutôt aider les mollahs à comprendre le monde politique qui les entourre pour qu’ils apprennent, comme nous l’avons appris, à composer avec, et aider nos dirigeants bien-pensants à comprendre ce monde musulman avec qui il cohabitent pour qu’ils apprennent eux aussi à composer avec!
    Pour finir, le problème n’est pas dans le discours de l’un ou de l’autre, le problème réside plutôt dans l’incapacité de l’un ou de l’autre à écouter le discours de celui qui pense différemment sans revenir aux extrèmes qui finalement sont des raccourcis vers une nouvelle guerre de plus en plus proche.
    Et ça, c’est vraiment navrant!

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