Redif’fusion

Enfantscarnaval Pour le plaisir désuet – donc essentiel – de ne pas laisser mourrir ses vieux blogs, je vous avais habitué à des rediff’… Comme ça, au hasard d’une ballade pour voir ce que j’avais bien pu mettre il y a 6 ou 12 mois de cela dans une catégorie "compil BLP", 3 notes chinées au grès du vent. Ou du web. Sadam Jackson, Alain Flick (Pensée à mon oncle, dont il fut un véritable ami, enterré hier et que pleurent Gargamel, Laurel et Hardy, Papa Schulz, Rire et Chanson & co : vous n’oublierez jamais sa voix) et le printemps sont au programme…

[Note du samedi 09 Avril 2005]

Il y a deux ans tombait Saddam,
Hier l’on enterrait le Pape,
Monaco est marabouté,
Bambi se laisse aller…
Noyé d’Amérique et de bonnes intentions,
Le monde se laisse pousser la barbe.

Le père du mot "weblog" se nomme Barge (Jorn Barge),
Le grand père de l’outil blog Winer (Dave de son prénom).

Leurs 10 à 35 millions d’enfants prépubères
Comptent sans doute plus de barges que de winners…

Réveil en vrac.
Petite phrase en tête :

"je ne vais pas jeter des fleurs sur les missiles qui nous tombent dessus"
Salam Pax.

Dehors ! Il fait beau 🙂

……………………………………………
[Note publiée le lundi 28 Mars 2005]

Angesonline
(Fontaine, place de la Maison de l’Air, Paris 20° / photo et photoshop BLP)

La rue est plus bigarrée que le web. Café à l’angle de ma rue. Mon oreille s’étonne du poids des mots dits avec accent, rage et indifférence face à ceux linguistiquement supportables énoncés à la chaîne on-line au rythme saccadé des tacatacatacs du clavier… Mamadou et "bonhomme" étaient "vénères", "furax", "à cran", discussion de "tiéquar"… Plus de table en terrasse, café trop serré, pétard sur le trottoir qui parfume l’assemblée pascale, inattentive plus par peur que par pudeur. C’est qu’ils parlaient fort, les lascars ! Le soleil se cachait déjà, il n’était pas midi, et des petits couples ça et là foulaient la chaussée, allant ou revenant du marché. Le lundi férié est un dimanche que l’on aurait répété, un jour offert au quotidien trépidant de nos urbaines vies… Ma chienne errait de table en table, semble-t-il passionnées par les débats houleux de Mamadou, "bonhomme" et leur pot’. Ils parlaient contraventions, prix des cigarettes et Fiat Uno d’occase, les gars du "tiéquar", ce matin qu p’tit dej’. Était-ce le temps ou leur chemin de vie qui les avait rendus si agressifs, si "électriques" ? Pauvre météo, accusée de bien des maux !
La temps était lentement passé.
Je déjeunais ce jour avec Alain Flick (vous le découvrirez dimanche prochain à Blog et Cahuètes)… Chaque instant déroulé avec cet homme est comme touché par la grâce… Assis au Zéphire, taquinés par son maigrelet et atypique sauterelle-serveur, nous avons causé Bouddhisme, itinéraires personnels, maternité, sexualité, quête du bonheur, expression de son art, conflit du moi, du couple, solitudes peuplées, de Nono, le cuisinier du Colibri, à Montmartre dans les 70′, de la fragilité de Marilyne, de celle de Weber, des vies brûlées, des souffrances feutrées, de Robert Hossein, de rugbymen à quatre-pattes et bourrés comme cinq cantines, de poésie et de flamme intérieure, de la menace ressenti face au luxe et au prestige, du premier cri, du dernier verre, de "la vie c’est pas ça", l’entêtante ritournelle du bébé Flick, de ceux qui ne sont plus et des larmes incomprises, de "pétassouiller les choses", du surréalisme et de la folie humaine fourmillante du métro, d’instants volés, du combat des femmes iraniennes, de l’oralité, de l’éphémère, de ce petit vieux qui distribuait des cartes de visites revendicatrices dans les limbes parisiennes, anti-Bush, anti-Sharon, anti-Ben Laden, peut être même anti-Bisounours, de Mouna, cet ancêtre du bloggeur parisien, qui haranguait la foule avant l’avènement du net, tribun et rebel de pas-de-porte s’il en est, du temps qui s’arrête, de celui qui fuie, d’aspérités, d’arrangements, de dépendances, de grandes joies, de raison d’être ou d’aller, d’incongru, de destins et d’avaries, de lieus de vie et de leurres de vie, de tanières, de bannières, de précaire, de chimères, de grégaire, d’ornières, d’inconstance, de fidélités, d’engagement, de rythme, de partage, de périphérie sentimentale et de relation principale, d’ornement et de désœuvrement, du désir et du carcan de l’éducation, de patiente, de haine, d’absence, de vengeance, de beauté des mots, d’électrons libres, d’évènements exceptionnels et d’avènement de l’émotionnel, de plats de nouilles et de réveils en retard, de relation fusionnelle, d’hommes-gouines et de lobes-clitoris, de mise en scène, de plaisir et de préliminaires, de consumassions, consommations et autres aspirations, de petites musiques amoureuses et de symphonie de l’échange, de sexe-écoute et d’amour-sourd, de mécanique de l’orgasme et de lectures anodines, d’instants de magie, de méditation et d’éjaculation, de couples déchus et d’individus parvenus, de cessation de la souffrance et de nudité diurne, de peaux qui se caressent et de respirations méridiennes, de transe, d’errances, de vices, de cicatrices, de plénitude, de frustration, d’étonnement, d’enfantement et de création de la matière, d’utopies, de valises en carton, ou alors je confonds, de l’homme ni macho ni homo, des femmes couillues, de gourmandise, de réciprocité et de tendresse, de son absence, d’initiatives sensuelles, de la prostitution, longuement, du cul et du pognon…
Il était plus de 17h00 et largement le temps d’y aller.
Nul part.
Chez sois.
Le Brunch digéré.
Je reprends mon souffle.
Ci-gît la phrase la plus longue de mon blog !
Publié par nicolas voisin dans: la voix du blog  Commentaire à l’époque (8)
……………………………………………
[Note publiée le lundi 21 Mars 2005]

Singesok

Ils sont tous là, ils sont venus, se sont fait beaux, ont travaillé dur tout l’hiver, fourmis, cigales, ils ont été l’essor incroyable et commenté de la "french-blogosphère", du web-communauté-d’individus, se sont donné du mal, y ont mis cœur et persévérance… Et voilà le printemps qui pointe son nez. Les rayons du soleil se reflètent sur nos écrans, la fête de l’internet est passée inaperçue au milieu des désirs estivaux, BBQ et bouchons de circonstances.
Ils sont las, ou euphoriques, passionnés ou dépassés, forment maintenant des bandes, des hordes, des familles, des groupuscules, des "blogosphères dans la blogosphère", des alliances sont nées, de réelles amitiés, des animosités, des chantiers vertigineux pointent leur nez ; ils se sont réunis dans la vraie vie, certains partiront peut-être en vacances ensemble, d’autres rêves que ces rencontres bouleversent leur professionnel quotidien… Et maintenant ?
Le formidable développement de cette deuxième génération de blogs résistera-t-il
à la tentation du légionnaire ?
"Il sentait bon le sable chaud" versus "il sentait l’geek et l’renfermé"…
L’été sera chaud, amis bloggers.
L’été sera "off", juillet n’aime pas les blogs, août déteste le web, alors qui, de cette singesque armée d’url acérées, survivra à l’aridité estivale ?
C’est le printemps.
Vous savez ce rythme lent et immuable des saisons, celui qui ne se syndique pas, celui qui jamais ne varie, celui qui fait fleurir la nature, remonter les jupes, raffermir les tétons, apparaître les tongs, et annonce à grandes tournées de pastaga le retour du bob Ricard… Et la mort du Blog Icare ?
Tels des singes volants ("Harry, un ami qui vous veut du bien") se brûlant les ailes, tels d’autres, fuyant ces singes, croiserons-nous nos symboles enfuies ("La planète des singes") après pétanque, optimisation du capital soleil et lézardage uvébesque ?!
Trinquons !
()
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2 réponses à “Redif’fusion

  1. Salut Nico,

    Tout ceci ne nous rajeunit pas…

    Au plaisir de te relire.

    Benoît sans connexion fixe depuis 6 mois

  2. Au plaisir de te recroiser 🙂

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